2025

Message du directeur

«La sécurité et la disponibilité maximale des aménagements sont nos priorités»

Matthias Gäumann a pris ses fonctions de directeur d’HYDRO au 1er août 2025. Alors que la rubrique «Focus» de ce rapport détaille son plan d’action, il livre ici ses réflexions.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire partie de l’aventure d’HYDRO?

Ma passion pour l’eau, la montagne et la technologie. Transformer l’eau qui descend des montagnes pour en faire de l’énergie est une cause juste, j’ai eu envie d’y contribuer. J’ai d’ailleurs découvert que cette cause est aussi celle qui motive un grand nombre des collaboratrices et collaborateurs, et parfois depuis plusieurs générations.

Aviez-vous déjà visité des aménagements hydroélectriques auparavant?

Oui, le premier étant évidemment Grande Dixence, quand j’étais enfant! Et le dernier avant d’entrer chez HYDRO était le mythique Hoover Dam, à cheval entre le Nevada et l’Arizona, lors de notre voyage pour aller rendre visite à notre aîné en Californie. J’avais déjà la tête chez HYDRO! Et puis j’ai longtemps pratiqué le kayak de rivière, j’ai serpenté de nombreux cours d’eau dans les vallées alpines.

De quoi ont été faits vos premiers mois chez HYDRO?

D’abord de rencontres, formelles et informelles. J’ai eu la chance de vivre dès mon arrivée les journées du personnel, puis en septembre la journée avec les retraités d’HYDRO. J’ai pu prendre là le pouls de l’entreprise, observer pour quoi bat le cœur des gens qui travaillent ici. J’ai ensuite rencontré les cadres individuellement, puis les collaboratrices et collaborateurs par équipe, dans les unités à Sion, aux ateliers de Martigny et dans chacun des onze groupes d’exploitation hydroélectrique (GEH) du Haut-Valais jusqu’à dans le Jura vaudois. J’ai enfin pris du temps avec chaque Asset manager, afin d’entendre nos clients, partenaires et actionnaires. Cela m’a permis d’avoir une image à 360° de notre organisation.

De bonnes ou de mauvaises surprises?

Aucune mauvaise surprise, j’avais été très bien accompagné pendant mon processus d’embauche. En revanche, je ne m’attendais pas à trouver un tel niveau d’organisation et de maturité, j’ai été bluffé. Merci d’ailleurs à Elmar Kämpfen et à Peter Klopfenstein avant lui, les précédents directeurs. Malgré l’important volume de travail, les équipes sont véritablement habitées par le souci de construire une entreprise pérenne, en y mettant de l’enthousiasme, de l‘expertise et de la rigueur. J’ai aussi été surpris par la force de la culture d’entreprise. Bien que le personnel soit fragmenté géographiquement et que les GEH soient nourris d’un fort ancrage local, l’esprit HYDRO se ressent partout, construit autour de valeurs communes et de pratiques transversales.

Qu’est-ce qui a motivé votre décision de faire évoluer l’organisation?

La stratégie que nous avons établie avec le Conseil d’administration pour l’avenir d’HYDRO s’appuie sur trois axes : maintien et développement des compétences, évolution de la relation client contrat-cadre vers un partenariat, et culture de l’innovation & entrepreneuriat. Pour les mettre pleinement en œuvre, il était indispensable de faire évoluer l’organisation.

D’abord s’est posée la question de la taille de la Direction et de la complémentarité des compétences pour piloter une entreprise de plus de 500 personnes. Le personnel constituant le capital le plus précieux d’HYDRO, cela m’a semblé naturel de compléter la Direction avec une compétence focalisée sur la dimension humaine, la qualité, l’environnement et la sécurité.

J’ai ensuite constaté que les ressources d’HYDRO étaient fortement allouées, et parfois très en avance. Je pense même qu’elles sont trop fortement allouées, ce qui limite notre agilité pour répondre à des imprévus, saisir des opportunités ou développer des projets internes. Comment donc faire les bons choix dans ce champ de tension et prendre un risque maîtrisé dans l’allocation de nos ressources pour accompagner le développement de notre société? Ce sera la mission du nouveau département «Développement et partenariats».

Enfin, il était naturel pour moi de faire remonter la culture de l’entrepreneuriat du terrain, puisque la raison d’être d’HYDRO se trouve dans les groupes d’exploitation hydraulique. J’ai donc renforcé la direction du département «Opérations et maintenance» avec un comité de direction composé notamment de trois responsables de GEH. Ce trio changera tous les deux ans, en fonction des thèmes qui seront d’actualité et des disponibilités des gens. Ce comité permettra de remonter les besoins des GEH et de nourrir l’excellence opérationnelle pour l’ensemble d’HYDRO.

«Je ne m’attendais pas à trouver un tel niveau d’organisation et de maturité […]. J’ai aussi été surpris par la force de la culture d’entreprise.»

Votre stratégie prévoit d’augmenter votre part de clients hors cadre, pourquoi?

C’est une question légitime, vu que nos carnets de commande sont largement comblés par les clients partenaires dont nous assurons l’exploitation des installations. Je reste néanmoins convaincu qu’il est essentiel pour notre entreprise de rester pleinement confrontée au marché, afin d’assurer que nos prestations se maintiennent à un niveau élevé en matière de compétitivité, mais aussi de coûts, de livrables et de délais. Cela va stimuler notre remise en question et notre créativité.

Les changements ne sont jamais faciles. Comment les équipes ont-elles vécu votre annonce?

Pour commencer, je ne pense pas qu’elles ont été surprises par les propositions. Ensuite, elles ont été intégrées dès le début des réflexions que nous avons conduites au niveau de la Direction. Nous avons d’abord dû obtenir un accord de principe du Conseil d’administration, car l’organisation de la Direction relève de ses compétences. Ensuite, une fois nos premiers diagnostics posés, j’ai rencontré individuellement les personnes qui allaient être concernées par ces propositions de changement. Nous avons échangé, elles m’ont fait part de leurs suggestions, de leurs craintes, et j’en ai tenu compte. J’ai aussi travaillé avec la commission du personnel, qui a été impliquée tôt dans le processus, avec la mission notamment de collecter des retours des collaboratrices et collaborateurs. Au bout du chemin, nous avons présenté la vision pour la nouvelle organisation de la Direction et le plan d’action à toutes les équipes. Au 1er janvier 2026, la nouvelle organisation a été installée.

Sans dévoiler de secret, quels vont être les prochains jalons de votre stratégie?

La nouvelle organisation va peu à peu déployer ses effets. Nos Ateliers centraux de Martigny sont déjà à l’heure de l’innovation, puisqu’ils vont se doter d’ici l’automne 2026 d’un nouveau robot de soudage laser capable de faire de l’impression 3D, puis à l’automne suivant d’un robot HVOF (High Velocity Oxygen Fuel), un nouveau procédé de revêtement par projection thermique permettant d’étendre la durée de vie de composants hydrauliques. Ces nouvelles technologies vont nous permettre de réaliser sur notre site de Martigny l’ensemble des étapes de réparation, de reconstruction et de revêtement de manière robotisée, ce qui va représenter un gain de temps considérable, et donc de disponibilités pour les aménagements de notre clientèle.

Quelle est la situation financière de la société à fin 2025?

HYDRO clôt l’année avec 129 millions de chiffre d’affaires, le plus haut depuis sa création. La moitié provient de nos prestations de services, des heures de travail que nous prestons, l’autre moitié de l’achat de biens et de services pour le compte de nos partenaires et clients. Cette part a fortement augmenté, en lien notamment avec de gros programmes de révision et de réhabilitation, à l’image des groupes de Bieudron appartenant à Grande Dixence et des aménagements des Forces Motrices de la Gougra dans le val d’Anniviers, sans oublier les travaux de remise en service des centrales FMV au fil du Rhône, à la suite des intempéries de 2024. Du côté de la profitabilité, notre EBITA, soit le bénéfice avant intérêts, amortissements et impôts, est légèrement supérieur aux objectifs avec 3 millions, après correction des éléments extraordinaires. En matière d’investissements, nous poursuivons notre stratégie de renouvellement continu de nos actifs. Aujourd’hui, une dynamique particulièrement forte se déploie sur notre site de Martigny, où nous engageons près de 5 millions dans la robotique industrielle et dans l’extension des ateliers. Ces investissements renforcent nos capacités et ouvrent de très belles perspectives pour les prochaines années. La situation est donc très saine, ce qui dénote un niveau élevé de confiance de la part de nos actionnaires, partenaires et clients, et un travail de qualité de la part de nos équipes.

Le recrutement est aujourd’hui un enjeu pour de nombreux secteurs, l’hydroélectricité n’échappe pas à la règle. Que diriez-vous à un jeune qui se cherche un avenir, ou à un ouvrier qualifié qui a envie de changer d’employeur?

Vous êtes passionné par l’environnement alpin, la nature, et vous avez un intérêt marqué pour la technologie? Vous souhaitez contribuer au développement de notre société de manière durable? Venez chez HYDRO, c’est the place to be! Par ailleurs, notre entreprise offre un pool d’ingénieurs unique, des ateliers qui se modernisent continuellement et des groupes d’exploitation en contact avec des infrastructures inspirantes par leur taille, leur précision et leur puissance. Aucun risque de monotonie: chaque projet, chaque installation est unique.

«D’ici l’automne 2026, nos Ateliers centraux vont se doter d’un nouveau robot de soudage laser, puis d’un second automate HVOF, qui permettra de réaliser du revêtement par projection thermique.»